Les obsessions
Dans la névrose obsessionnelle il y a... des obsessions ! Il s’agit d’un sentiment qui s’impose au sujet d’une manière incoercible. Le sujet en reconnaît le caractère pathologique, lutte contre cette idée et reconnaît que l’idée vient de lui-même. Le malade peut être assiégé par des idées, des mots, par un objet ou une situation qu’il craint ou encore par la crainte d’accomplir un acte absurde, criminel. On trouve aussi des compulsions : le malade se sent obliger d’accomplir un acte, généralement absurde. On trouve également dans ce type de névrose des rituels de vérifications qui servent à calmer l’angoisse de l’obsession. Mais ils sont inefficaces et entraînent eux-même une nouvelle lutte anxiogène... Tel est le calvaire du névrosé obsessionnel.
On peut avoir un tableau moins grave, dans ce cas on parlera de personnalité (mais cela n’appelle pas forcément la névrose). Le type psychasthénique est perfectionniste, lent, méticuleux, sérieux il est souvent rongé par le doute, le manque de spontanéité etc. Ces personnalités ont souvent de la difficulté à prendre des décisions, à réaliser quelque chose et recourent volontiers à la rêverie, à la spéculation. Dans le type compulsif on trouve l’ordre excessif, l’économe, l’entêté.
Si le refoulement intervient ici aussi il est moins prégnant que chez l’hystérique. Les défenses originales de l’obsession sont l’isolation (qui a pour fonction de séparer la sexualité du reste des pensées) et l’annulation rétroactive (le sujet utilise une pensée ayant un sens opposé à ce qui est déjà advenu). L’exemple type est l’Homme aux rats (In Cinq psychanalyse). Comme toutes les névroses le conflit se joue au niveau œdipien mais s’accompagne d’une régression anale (opposition passif/actif, ambivalence, sadisme) qui est surtout marquée par une désintrication des pulsions (retour aux pulsions partielles) et donc la réapparition des buts de la pulsion anale. Le malade vit dans un monde ou l’interdit, la prohibition dominent et se déplacent : le caractère impossible caractérise l’existence de l’obsessionnel. Le désir réactivé se déplace pour échapper à l’interdiction et se fixe sur des nouveaux buts.