Les Névroses
Freud a classé les névroses en deux catégories : les névroses actuelles et les névroses de transfert. Les névroses actuelles sont en relation à un événement récent de la vie libidinale (le fameux " coït interrompu ") autrement dit si quelqu’un souffre d’une névrose d’angoisse, d’hypocondrie ou de neurasthénie il faudra dans un premier temps chercher ce qui ne va pas dans sa vie actuelle. Les névroses de transfert sont en relation avec la sexualité infantile on y trouve l’hystérie, la névrose obsessionnelle et l’hystérie d’angoisse (phobie). Les névroses de transfert sont aujourd’hui appelées simplement névroses et font référence au modèle général de la névrose.
Dans le modèle freudien, la névrose est constituée de deux phases : une phase infantile et une phase ultérieure de déclenchement. La névrose est toujours la conséquence de phénomènes précoces dans la période oedipienne. Souvenez vous : l’attirance vers le parent de sexe opposé et l’agressivité envers la personne de même sexe (oedipe positif). Mais l’enfant, face à la menace de castration imminente, doit renoncer à certaines satisfactions (mort du père, amour de la mère) et donc renoncer à ses objets. Finalement l’enfant préfère conserver son intégrité narcissique plutôt qu’accéder à une satisfaction qui pourrait lui amener des désagréments. Ayons également à l’esprit que les parents n’investissent généralement pas leur enfant libidinalement ce qui assure l’inutilité à l’enfant de ses efforts et le pousse également à renoncer à ce mode de satisfaction. A la fin de cette période oedipienne le surmoi s’est formé, il est né d’une identification réussie aux parents et permet au Moi de maîtriser le complexe d’œdipe. L’enfant peut alors se tourner vers d’autres objets et renonce à investir libidinalement ses parents. Dans le cas d’une névrose " authentique " l’enfant ne parvient pas à détourner sa libido de ses premiers objets (papa, maman). C’est pourquoi on parle ici d’une fixation à un stade infantile. Le conflit reste donc latent et le refoulé tente désespérément de traverser les résistances. Le sujet lutte contres ces refoulements avec des mécanismes de défenses classiques mais, en cas s’échec de ces mécanismes, le symptôme apparaît comme la manifestation du refoulé.
Les névroses se distinguent donc sur la nature des symptômes qui dépendent eux mêmes des mécanismes de défense mis en jeu. Dans l’hystérie, le refoulement est complet tandis que dans la névrose obsessionnelle il est partiel ce qui appelle d’autres mécanismes de défense.