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Introduction

La pensée freudienne ne s'est pas construite en un jour, loin s'en faut... Découvrez les principales étapes de la pensée freudienne ainsi que les principaux concepts qui y sont rattachés. Les concepts psychanalytique les plus connus sont "tombés" dans le langage commun au risque parfois d'être galvaudés...


Les étapes de la pensée Freudienne

En 1895, dans Etudes sur l’hystérie, Freud découvre et formule ses premières théories psychiques. C’est le début de la psychanalyse. Les problèmes cliniques posés par l’hystérie le pousse à chercher une théorie de l’appareil psychique. Ce modèle va se construire lentement au travers des découvertes que va faire Freud dont les plus importantes lui sont données par son auto-analyse qu’il entreprend en 1897 (Freud a 41 ans), un an après la mort de son père. C’est à la faveur de son auto-analyse que Freud découvre le complexe d’oedipe (1897), il étudiera ses rêves et engendrera " Interprétation des rêves " en 1900. Les bases de la psychanalyse sont désormais posées.

En 1905, dans ses trois essais sur la sexualité, Freud développe le rôle explicatif de la sexualité infantile (théories des stades, oral, anal, phallique...) en tant qu’il ne s’agit pas tant d’un accident dans l’histoire naturelle du sujet mais d’une donnée irréductible de la condition humaine. On passe de la théorie du traumatisme sexuel à celle de la sexualité infantile. En 1911 Freud écrit " Formulation sur les deux principes du cours des évènements psychiques ", il s’agit pour l’auteur de comprendre pourquoi le sujet se détourne de la réalité, en fait la constitution de la réalité pour le sujet humain ne va pas de soi : le principe de réalité est au service du principe de plaisir. Enfin, si le concept, essentiel, de pulsion est apparu en 1905 (dans les Trois Essais sur la théorie sexuelle) il ne sera étudié systématiquement par Freud qu’en 1915 ce qui donnera lieu à la théorie des pulsions laquelle permettra une analyse plus en profondeur des fantasmes pervers, des perversions et de certains autres symptômes névrotiques. Jusqu’à présent Freud se réfère à sa première topique.

1920 se révèle un autre temps décisif de la psychanalyse que certains raccrochent à la première guerre mondial. Freud a déjà découvert la répétition (les névrosés répètent indéfiniment le même comportement), les impressions sexuelles infantiles tendent à se reproduire de nouveau, comment expliquer cette régression. Dans " Au-delà du principe de plaisir " Freud montre que toute pulsion tend au retour de l’état antérieur est fait l’hypothèse de la pulsion de mort. C’est en 1923, dans un texte intitulé " Le moi et le ça " que Freud donne une présentation très précise de la " deuxième topique ". pour Freud c’est un aboutissement, pour la psychanalyse c’est le point de départ de nombreuses interrogations. Mais1923 fut aussi la date à laquelle on diagnostiqua chez Freud un cancer de la mâchoire dont il devait mourir en 1938, à Londres.

Les concepts principaux

L’inconscient
Il apparaît nécessaire à Freud de faire l’hypothèse de l’inconscient. En effet il se produit fréquemment chez les individus des actes psychiques qui présupposent d’autres actes hors de la conscience (allusion aux actes manqués, lapsus et plus tard aux symptômes).Dans la théorie freudienne l’inconscient est donc le déterminant de tous les phénomènes conscients, on parle de " primat " de l’inconscient. L’inconscient est atemporel (les contenus ne sont pas soumis au déroulement réel du temps), immortel (cela ne veut pas dire que l’inconscient d’un individu ne meurt pas mais qu’il ne conçoit pas sa propre mort par exemple un suicide est toujours la mort de quelqu’un d’autre) et toujours vrai. Ces caractéristiques se comprennent dès l’instant que l’on imagine un espace psychique dénué de pôle de conscience et donc non connecté à la réalité.

L’inconscient est soumis au processus primaire ce qui désigne un mode de fonctionnement dans lequel l’énergie circule librement en passant d’une représentation à une autre par condensation et déplacement (comme dans le rêve). Le processus primaire s’oppose au processus secondaire qui se caractérise par l’existence d’une liaison psychique avec des représentations, lesquelles sont investis de manières plus stable.

Le principe de plaisir
L’activité psychique est orientée vers la recherche du plaisir et l’évitement du déplaisir, lequel augmente la tension à l’intérieur de l’appareil psychique. Le principe de plaisir s’oppose au principe de réalité qui apparaît, au cours du développement, comme une modification adaptative du principe de plaisir. Chez les sujets sains, la recherche de la satisfaction tient compte du principe de réalité.
Ces deux principes (plaisir et réalité) sont à l’oeuvre dès les premiers jours de la vie et ceci a une conséquence majeure : l’importance de la réalité extérieure augmente l’importance des organes de sens et la conscience rattachée à ces organes commence à saisir les qualités sensorielles. On assiste au développement de l’attention qui marque le monde extérieur afin de le stoker dans la mémoire. Puis apparaît l’acte de jugement qui décide si une représentation déterminée est vraie ou fausse en la comparant avec les traces mnésiques de la réalité. Enfin, l’action autorisé par le processus de pensée c’est à dire que la pensée forme une représentation et la décharge motrice permet de la réaliser. La pensée acquiert une autre fonction, celle de supporter l’accroissement de la tension d’excitation pendant l’ajournement de la décharge.
Au fur et à mesure de la maturation de l’individu, le principe de réalité domine le principe de plaisir. Cet échange des rôles se poursuit tout au long de l’enfance jusqu’à la puberté en ce qui concerne les pulsions du moi. Quand aux pulsions sexuelles, elles sont d’abord auto-érotiques (donc hors du principe de réalité) puis, lorsque apparaît l’objet, le principe de réalité est suspendu, c’est la période de latence (marqué par des fantasmes, masturbation). La pulsion sexuelle va donc rester assez longtemps sous la domination du principe de plaisir. A la puberté les pulsions sexuelles reprennent leur transformation qui doit les conduire de l’auto-érotisme à l’amour objet. C’est précisément au cours de cette phase que naissent beaucoup de névroses.

Au cours de cette substitution le principe de plaisir ne disparaît pas : on abandonne le plaisir immédiat mais peu sûr, pour gagner un plaisir plus tardif mais assuré. Simplement le principe de plaisir est sous la dépendance du principe de réalité. C’est dans cette optique qu’intervient l’éducation qui incite à surmonter le principe de plaisir et à lui substituer le principe de réalité.

La pulsion
La pulsion est le moteur de l’activité psychique, elle se distingue de l’instinct et représente une poussée constante qui a sa source dans une excitation corporelle et dont le but est la suppression de cette tension. La pulsion s’exprime par des représentations et rend compte du conflit à l’intérieur de l’appareil psychique. Dans la première topique, les pulsions sexuelles s’opposent aux pulsions d’autoconservation, dans la seconde, le conflit résulte de l’opposition entre la pulsion de vie (éros, pulsions sexuelles qui s’étayent sur les pulsions d’auto-conservation) et la pulsion de mort qui tend à la réduction complète des tensions.

Le conflit
L’appareil psychique est constitué de plusieurs systèmes qui possèdent chacun leurs règles. Ainsi des choses peuvent être fausse dans un système mai vrai dans un autre ce qui entraîne des conflits.