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L'homme un animal ?
Exemple de schémas
schémas négatifs
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Le paradigme cognitiviste du traitement de l’information émergea, nous sommes dans les années 60 (le temps passe si vite). Ce nouveau paradigme faisait suite au modèle purement comportemental proposé par Watson (1925) puis Skinner (1969) eux-mêmes relayant celui du fameux chien de Pavlov qui salivait lorsqu’il entendait quelqu’un sonner à la porte...

L’idée de Pavlov était que si l’on associe un stimulus neutre (sonnette) à un stimulus inconditionnel (l’odeur de la viande), le stimulus neutre suffit à provoquer la réponse inconditionnelle (la salivation). L’ensemble des réponses émotionnelles relèverait d’un tel conditionnement dans lequel la conscience joue peu de rôle. Cela aurait une finalité adaptative, par exemple la peur déclenche rapidement le comportement de fuite pour éviter d’être mangé... Skinner décrit une autre forme de conditionnement, le conditionnement opérant, processus par lequel l’environnement sélectionne les réponses qui « réussissent » et abandonne celles qui « échouent ». Ce processus d’apprentissage se déroule en grande partie hors du champ conscient et se retrouve dans tout le règne animal. Certains auteurs parlent « d’inconscient environnementale ». Il s’agirait là de quelque chose d’universel.

 


Toutefois l’homme n’est pas un simple animal et s’il paraissait inutile à certain de s’intéresser à la « boite noire » tous n’étaient pas d’accord et postulaient l’existence d’un traitement plus complexe. G. Kelly (1955) est considéré comme l’un des précurseurs des thérapies cognitives, il a notamment développé l’idée qu’il existe des structures internes s’organisant sous forme de règles permettant à l’individu d’anticiper les évènements de son environnement et de s’y adapter. Le maintien de ces règles se ferait notamment sous l’effet du conditionnement opérant : on conserve les règles qui nous permettes une bonne anticipation et l’on se « débarrasse » des règles entraînant de mauvais résultats. J’écris cela en italique car ces règles sont largement inconscientes, il pourrait d’agir de sorte d’agent zombie pour reprendre les termes de C. Koch (professeur de biologie de la cognition et du comportement au Caltech tout de même !). Cela désigne des processus sensori-moteurs qui accomplissent leur tâche en dehors de tout contrôle conscient. Par exemple des expériences sur les saccades oculaires montrent que les yeux ont accès à une information que le sujet ignore. On retrouve ces agents zombies dans le maintien de la posture par exemple. Lorsque vous vous frayez un chemin sur un trottoir encombré par la foule, votre tronc, vos jambes, vos bras ajustent leurs mouvements en permanence pour vous permettre d’avancer sans bousculer les passants. Cet exploit les humains l’accomplissent sans y penser. Il y a ainsi de très nombreuses expériences qui tendent à montrer qu’un grand nombre d’actions de notre quotidien sont gérées par des processus entièrement autonomes dont l’avantage majeur est d’être très rapide. Si je devais penser à chaque mouvement que je dois faire pour taper ce texte, je ne pourrai probablement rien écrire du tout...

Ainsi en serait-il de même des schémas qui motivent nos comportements. Ces schémas sont un ensemble de règles qui nous permettent de traiter l’information et de réagir en conséquence. Une grande partie du traitement de l’information est donc déléguée à ces processus « zombies » qui nous font parvenir le résultat du traitement de l’information nécessaire à la prise de décision consciente.


Exemples de schémas

Voilà un autre exemple qui montre comment les pensées ou schémas de pensées peuvent infléchir la perception que nous avons de notre environnement (pour reprendre Epictète). Vous pouvez d’ailleurs certainement l’observer vous-même dans votre quotidien : Peut-être avez-vous déjà eu le sentiment, en parlant à une personne que celle-ci ne vous écoute pas et pourtant parvient à suivre la conversation. Cela vient du fait que votre interlocuteur utilise des schémas pour prédire la tournure que va prendre la conversation ce qui lui permet de diminuer ou de transférer son attention sur autre chose. Tant que la discussion demeure conforme aux prédicats tout va bien mais si d’un coup la conversation se complexifie (donc devient plus difficile à prédire) le schéma produit des inférences erronées. Il se peut que votre interlocuteur ne s’en rende pas compte en toute bonne foi (- mais si je t’écoute !) car il n’a pas conscience que son schéma est devenu inadapté mais est pourtant maintenu. La fatigue par exemple peut empêcher la conscience de corriger le schéma utilisé ou bien la nécessité de faire plusieurs choses à la fois ne libère pas suffisamment de ressources pour remanier le schéma. La difficulté étant ici de ne pas se mettre en colère (- Tu vois t’écoutes jamais quand je te parle de choses importantes !).


Pourquoi certain schéma sont-ils négatifs ?

Il se trouve que certains schémas restent actifs malgré qu’ils soient inadaptés. Ils peuvent s’êtres construits sur une mauvaise compréhension de l’environnement ou bien ils ont été rationnels et pertinents mais c’est leur utilisation dans un contexte différent de celui de son acquisition qui le rend inadapté. D’autres auteurs pensent que ces schémas sont hérités de l’enfance mais que tant qu’une situation dans laquelle ils sont particulièrement inadaptés ne se présentent pas, ils continuent d’être utilisés. C’est lors de l’apparition de ladite situation qu’ils se révèlent profondément dysfonctionnels.

Par exemple en montant les escaliers qui mènent à mon cabinet je croise une dame âgée, l’air sévère, et je pense aussitôt qu’elle se dit « encore ce psy, il nous amène que des fous ! ». Aux vues des réunions de copropriété, ce n’est pas complètement improbable que cette dame, angoissée par le changement et soucieuse de sa tranquillité pense cela. Toutefois si je pense cela en permanence, pour chaque personne que je croise dans mon immeuble, alors ce schéma deviendra dysfonctionnel et me rendra méfiant... voir paranoïaque ! C’est ce que je veux expliquer lorsque je dis que le schéma demeure actif malgré qu’il produise des données peu pertinentes.

Bien entendu mon « historique » n’avait pour seule ambition de vous donner une idée de ce sur quoi nous allons travailler ensemble. L’historique des découvertes et des études qui nous mènent à la pratique actuelle est bien plus vaste et complexe que ce que j’ai présenté ici. J’espère que ce rapide exposé vous aura donné une petite idée de la manière dont je travaille en thérapie cognitivo-comportementale.