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Déroulement de la thérapie
Indications
Efficacité prouvée
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Je vous propose de découvrir ensemble ce qu'est la "TCC" ou thérapie cognitivo-comportementale.

Le problème n’est pas dans l’environnement mais dans la perception que nous en avons.

Cette phrase du philosophe stoïcien Epictète résume plutôt bien l’approche pratiquée par les thérapies cognitivo-comportementales. G. Kelly (1955) qui est considéré comme l’un des précurseurs des thérapies cognitives, a développé l’idée qu’il existe des structures internes s’organisant sous forme de règles permettant à l’individu d’anticiper les évènements de son environnement et de s’y adapter. L’ensemble de ses règles formes des pensées ou schémas de pensées qui nous permettent de percevoir notre environnement.

Parfois, certains schémas restent actifs malgré qu’ils soient inadaptés. Ils peuvent s’êtres construits sur une mauvaise compréhension de l’environnement ou bien ils ont été rationnels et pertinents mais c’est leur utilisation dans un contexte différent de celui de son acquisition qui le rend inadapté. D’autres auteurs pensent que ces schémas sont hérités de l’enfance mais que tant qu’une situation dans laquelle ils sont particulièrement inadaptés ne se présente pas, ils continuent d’être utilisés. C’est lors de l’apparition de ladite situation qu’ils se révèlent profondément dysfonctionnels.

La thérapie d’inspiration cognitive vise donc à repérer ces schémas de pensées au travers de différentes techniques puis de mettre en place de nouvelles alternatives.


Le déroulement d’une TCC

  • I l s’agit d’une thérapie à court terme, de 15 à 22 séances dans le cas de la dépression par exemple (pour les autres troubles cela peut varier de 4 séances à 9 mois).
  • Chaque séance dure une heure, elle est structurée pour faciliter un emploi du temps efficace et économique
  • Le style est collaboratif : thérapeute et patient travaillent ensemble à définir et à résoudre les problèmes un peu comme deux scientifiques.
  • Le thérapeute a un rôle actif et didactique
  • La méthodologie est expérimentale (non vous n’êtes pas des cobayes) cela signifie que nous procédons d’abord par un recueil des données, nous formulons des hypothèses que nous confirmons par des « devoirs » ou bien des tests.
  • La thérapie est centrée sur l’ici et maintenant c’est-à-dire que le travail se fait sur les problèmes actuels.
  • La principale méthode thérapeutique, dite Socratique, est de poser une série de question pour débusquer les schémas de pensées dysfonctionnels et mettre en place des méthodes qui permettront de les rendre plus adaptées à l’environnement.

 


Indications

Voici les pathologies pour lesquelles l’efficacité des TCC a été démontrée

  • Les phobies
  • Les attaques de paniques
  • Les troubles anxieux
  • Les phobies sociales
  • Le syndrome de stress post-traumatique
  • La dépression
  • La prévention du suicide
  • Les troubles alimentaires

Efficacité prouvée

En 1952 Eysenck décide de comparer les cas traités par des méthodes psychanalytique avec des cas non traités. Il tire les conclusions suivantes : les patients traités par la psychanalyse s’améliorent dans une proportion de 44%. Les patients traités de manières éclectiques dans une proportion de 76%. Les patients internés à l’HP ou traités par des médecins s’améliorent dans une proportion de 72% ! Il existerait donc quasiment une relation inverse entre la guérison et le traitement psychanalytique…

Ce travail est critiquable d’un point de vue méthodologique mais il a eu le mérite d’ouvrir la voie à de nouvelles approches. C’est ainsi que dans les années 60 se sont développées les thérapies cognitives. En 1961 Beck fonde a proprement parler la thérapie cognitive. Il parle de thérapie cognitivo-comportementales voulant dire par là que le centre de la thérapie est la modification des pensées des systèmes de croyance conscients et inconscients des sujets atteints.

D’autres études plus récentes confirment l’intuition de Eysenck, notamment sur le traitement des phobies sociales. De nombreuses expériences (Beck & Emery, 1985 ; Liebowitz, 1985 ; Agras, 1985) sont en faveur de l’efficacité des interventions cognitico-comportementales dans le cas des phobies sociales. L’étude de Paul (1966) sur une population d’étudiants ayant un déficit en compétences sociales a montré la supériorité de la désensibilisation systématique sur la thérapie d’orientation analytique. La thérapie analytique était égale, dans ses résultats, à une liste d’attente non traitée. La supériorité de la désensibilisation systématique et le jeu de rôle par rapport à une liste d’attente ont été démontré par Marzillier et coll. (1976) dans un groupe homogène de phobiques sociaux. Les méthodes d’exposition en imagination ont des résultats voisins de ceux du jeu de rôle (Shaw, 1979). Les études qui ont examiné les thérapies cognitives ont rapporté des résultats positifs soit par rapport à une liste d’attente soit par rapport à une autre forme de thérapie (Kanter et Goldfried, 1979). Une autre étude (Liebowitz, 1993, 1996) comparait la phénelzine, qui est un IMA, le placebo, la thérapie cognitivo-comportementale, la thérapie de soutien. Les résultats montrent à 6 semaines que le traitement chimique est supérieur aux autres traitements, mais au post-test, la TCC et le traitement à la phénelzine sont supérieurs aux autres. Au suivi, la thérapie cognitivo-comportementale devient supérieure à la phénelzine, après son arrêt.

De nombreuses études ont également été conduite sur la dépression.

Pour Selingman (1975) la dépression résulteraient de la perte par le sujet de la possibilité de faire une liaison entre l’action et le renforcement positif. L’équivalent chez l’animal est celle de son expérience : deux groupes de chiens. Dans le premier groupe, les chiens peuvent échapper aux chocs électriques en allant se réfugier dans une zone non électrifiée, ceux du second groupe reçoivent des chocs électriques inévitables, puis on leur permet de rejoindre la zone non électrisée. Les 2/3 des chiens qui avaient reçu des chocs inévitables avait désappris qu’ils pouvaient accéder à la zone non électrisé. L’inhibition des chiens fut appelées « impuissance apprise ». Quant au sujet humain déprimé, il présente aussi un phénomène d’extinction (cad perte d’un comportement car jamais renforcé par une conséquence positive) qui se solde par la disparition de comportements du répertoire de l’individu. Ce modèle a été reformulé et adapté pour la dépression humaine, il en ressort des caractéristiques que l’on retrouve chez tous les déprimés : le sujet s’attribue toute la responsabilité de l’échec et considère que celui-ci est définitif et s’étendra à tous les domaines de son existence.

Le sujet dépressif présente donc des schémas cognitifs inconscients qui filtrent l’information en ne retenant que les aspects négatifs. La perte de l’estime de soi, l’indécision, le désespoir surréaliste, les rêves lugubres sont la traduction clinique de la perturbation du traitement de l’information.

Ces études démontrent de façon unanime la supériorité de la thérapie cognitivo-comportementale dans le cas de phobie sociale. Cependant on remarquera, en particulier par comparaison avec l’approche pharmacologique, que l’efficacité de la TCC n’apparaît qu’après un certain temps. On peut donc faire l’hypothèse que des améliorations significatives peuvent être également obtenues au moyen d’une thérapie analytique mais dans un temps plus long.

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